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La Maladie n empêche pas la Culture


Autopsie de l'affaire SK1

Publié par Bonnay Jean-Luc sur 5 Janvier 2015, 23:53pm

Catégories : #SK1, #film Europe1, #labyrinthe films

Avant la sortie ce Mercredi 7 Janvier 2015 de L'AFFAIRE SK1 de FRÉDÉRIC TELLIER, nous revenons sur les rencontres de Raphaël Personnaz ,un des enquêteurs du "36" Charlie , et Nathalie Baye, l'avocate de Guy Georges, Frédérique Pons qui nous expliquent leurs implications dans cette fulgurante œuvre cinématographique, premier film de cinema de FRÉDÉRIC TELLIER ( réalisateur de la série Télé Les hommes de l'ombre deja avec N. Baye), le film a été présenté lors de nombreuses avant-premières d'où le public fort nombreux est ressorti subjugué par la minutie de cette incroyable reconstitution de cette tragique enquête.

Entretien avec Raphaël Personnaz.

Qu'est-ce qui vous a intéressé dans ce projet ?

J'ai trouvé le scénario extrêmement riche et documenté : il m'a replongé dans ce climat de psychose qui régnait dans Paris et dont je gardais un souvenir assez précis. C'est d'abord la dimension d'enquête policière qui m'a passionné : j'ai été saisi par certains hasards et rebondissements auxquels sont confrontés les flics. D'autre part, j'ai été sensible au combat mené par le personnage de Nathalie Baye qui cherche à faire de Guy George un homme, entièrement responsable de ses actes, et non un monstre, aux yeux du jury. C'est le genre d'histoire dont on ne sort pas avec des réponses définitives et qui nous renvoie à tout ce dont l'homme est capable : aussi bien l'horreur absolue que, dans le cas de mon personnage, un sens marqué du sacrifice et de l'abnégation. Il y avait un côté désespéré que j'aimais bien dans le scénario, comme lorsque les flics font des rondes dans Paris en espérant voir passer Guy Georges... On est très loin des Experts .

Avez-vous senti le besoin de vous documenter ?

J'ai commencé par lire le livre dont s'inspire le scénario, puis, très vite, Frédéric Tellier m'a confié un énorme dossier sur l'affaire, fruit d'un travail de recherches considérable, qu'il avait lui-même compilé. Il m'a également conseillé la lecture de Flic : Chroniques de la police ordinaire de Bénédicte Desforges qui détaille le quotidien des policiers et la manière dont ils "épousent" peu à peu leur profession.



J'ai aussi eu la chance de rencontrer des hommes et des femmes du "36" qui, ne serait-ce que par leurs postures et leurs silences souvent éloquents, m'ont aidé à entrer dans la peau du personnage. Surtout, j'ai vu plusieurs fois le vrai Charlie, le policier que j'incarne dans le film : la manière dont il évoque les faits, qui remontent à plus de vingt ans, et l'émotion qu'ils provoquent encore chez lui m'ont bouleversé. Ce qui m'a fasciné, c'est la capacité qu'il a eue à construire sa vie et à avoir deux petites filles, tout en enquêtant sur les meurtres atroces de toutes ces jeunes femmes : il ne s'est jamais laissé totalement envahir par cette histoire .

Comment pourriez-vous décrire le personnage ?

Il a déjà dix ans d'expérience lorsqu'il débarque au 36, mais au départ, il y est considéré comme un bleu. C'est un homme très méthodique, avec des convictions fortes qu'il cherche à défendre. Il est aussi marqué par la dimension du collectif : sa mission est un travail d'équipe, même si cela engendre des difficultés. Pour moi, c'est un serviteur de la République, qui fait preuve d'abnégation, mais qui n'oublie pas sa famille pour autant. La première fois qu'il découvre la photo des victimes de Guy Georges, c'est un choc : il va passer dix ans de sa vie à travailler sur cette affaire qui devient obsessionnelle. On a le sentiment qu'il prend sur ses épaules la souffrance de ces victimes : Charlie m'avait expliqué qu'il était constamment en costume cravate parce qu'il devait se préparer en permanence à annoncer la disparition de personnes à leurs proches. Et malgré tout, il arrive à faire la part des choses entre sa vie privée et son job parce qu'il a un socle familial très fort



C'est le premier long métrage de Frédéric Tellier.

Comment avez-vous vécu le tournage sous sa direction ?

On a beaucoup préparé le tournage en amont, en faisant énormément de lectures et en retravaillant les dialogues. Bien que ce soit un sujet fort et écrasant, Frédéric n'a pas du tout été tétanisé par l'ampleur du projet : il a été dans le travail, constamment dans le travail, en cherchant systématiquement des réponses aux questions que je me posais. Il traitait chaque problème avec pondération et calme. Je ne l'ai vu s'énerver qu'une seule fois – pendant 30 secondes – au cours de la préparation ! J'ai aussi apprécié le travail sur les costumes des années 90, d'une très grande précision, qui a été insufflé par Frédéric .

Entretien avec Nathalie BAYE .

Qu'est-ce qui vous a intéressée dans le projet ?

D'abord, la présence de Frédéric Tellier au générique. En effet, j'avais déjà tourné sous sa direction pour la série Les Hommes de l'Ombre. J'ai tout de suite apprécié son exigence et son travail avec les acteurs : il connaît bien les comédiens et il a cette manière de les emmener là où il veut avec tact et finesse. Il m'a alors parlé de ce projet de long métrage, en me disant qu'il y avait un rôle d'avocate qu'il aimerait me confier. C'était encore abstrait : je connaissais l'affaire Guy Georges, mais j'ignorais le parcours de Frédérique Pons. Jusqu'au jour où Frédéric m'a envoyé le scénario.

Vous aviez envie de tourner dans un polar ?

En général, ce n'est pas le genre de projet auquel on m'associe spontanément. Mais le personnage de Frédérique Pons m'a intéressée et j'ai beaucoup aimé cette femme quand je l'ai vue : cela a été une rencontre intéressante. Et par fidélité à Frédéric, qui est d'une grande honnêteté dans son travail, j'y suis allée avec plaisir. Au départ, j'étais assez inquiète par le mélange des deux points de vue du flic et de l'avocate. Mais en voyant le film, je me suis rendu compte que mes craintes étaient infondées.

Quelle est votre perception du personnage ?

Elle est sincère dans sa démarche et, dans le même temps, elle perçoit et ressent les choses de manière plus intense que son confrère qui me semble plus aveuglé par la cause.



Qu'avez-vous ressenti dans la salle de prétoire ?



Je me suis dit qu'il y avait dû y avoir des drames terribles dans cette salle : d'ailleurs, il s'en dégage une atmosphère solennelle et très impressionnante. Frédéric m'avait emmenée une première fois au Palais de Justice pour me familiariser avec les lieux. Au moment de tourner et de jouer, on est très concentré sur le rôle et on en oublie la dimension théâtrale. Du coup, j'ai moi-même essayé de faire abstraction des lieux, tout comme Frédérique Pons.

Comment Frédéric Tellier dirige-t-il ses comédiens ?

Il sait ce qu'il veut, mais aussi ce qu'il ne veut pas. Et en même temps, il n'est pas obtus : si un acteur lui propose quelque chose de différent de ce qu'il imaginait, et qui le touche, il l'accepte. Il connaît très bien les acteurs. En voyant le film, j'ai trouvé que l'ensemble des comédiens, et des seconds rôles – jusqu'aux témoins – étaient excellents. Frédéric sait parler aux acteurs, avec beaucoup de douceur, il est très encourageant et il réussit à vous emmener plus loin. C'est son grand point fort.

Autopsie de l'affaire SK1
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