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La Maladie n empêche pas la Culture


A TROIS ON Y VA ET POURQUOI PAS ?

Publié par Bonnay Jean-Luc sur 17 Mars 2015, 22:22pm

Catégories : #WildBlunch

DISTRIBUTION

Anaïs DEMOUSTIER ,Félix MOATI ,Sophie VERBEECK ,Olivier BROCHE ,Laure CALAMY ,Hannelore CAYRE ,Claire MAGNIN ,Marcelle FONTAINE ,Caroline BAEHR

SYNOPSIS

Charlotte et Micha sont jeunes et amoureux. Ils viennent de s’acheter une maison près de Lille pour y filer le parfait amour.
Mais depuis quelques mois, Charlotte trompe Micha avec Mélodie...
Sans rien soupçonner, se sentant toutefois un peu délaissé, Micha trompe Charlotte à son tour... mais avec Mélodie aussi !

Pour Mélodie, c’est le vertige. Complice du secret de chacun. Amoureuse des deux en même temps...

A TROIS ON Y VA ET POURQUOI PAS ?

ENTRETIEN AVEC JÉRÔME BONNELL

Comment est née cette histoire ?

L’idée de ce film sommeillait dans ma tête depuis une dizaine d’années. Un couple qui se tromperait avec la même personne, sans le savoir. Et c’est l’enthousiasme tenace de mon producteur Edouard Weil qui a déclenché l’écriture du scénario, à partir d’une histoire que je lui ai exposée en quelques mots. C’est alors en route et par surprise que le cœur du film m’a rattrapé. Cela se passe souvent ainsi : la profondeur du récit reste toujours en planque longtemps avant d’émerger petit à petit au fil de l’écriture, à travers des alibis, alors qu’elle est là depuis toujours, en nous, enfouie.

Ici, ce qui me touchait le plus en construisant le scénario, était l’idée que deux personnes (Mélodie et Micha) en aiment tellement une troisième (Charlotte), qu’elles finiraient par tomber amoureuses l’une de l’autre, téléguidées par leur inconscient, parce qu’il y aurait un dépit partagé si fort, une empathie si réciproque, que cette identification à l’autre se transformerait en amour pur et simple. Cette histoire serait comme un fantasme, puisqu’on y éprouverait la liberté de dépasser tous les maux qui altèrent l’amour : mensonge, trahison, tristesse, jalousie... Faire naître de la paix là où d’ordinaire surgit le conflit. Une sorte de rêve d’amour humaniste.

Mais je ne voulais pas réduire cette idée à sa simple psychologie, et l’envie de la traiter à travers des situations de comédie fut tout de suite naturelle. Filmer l’action seule. Ne suivre que le mouvement des cœurs.

A TROIS ON Y VA ET POURQUOI PAS ?

A trois on y va lorgne du côté de la comédie. Le genre est-il assumé ?

C’est probablement la pudeur qui donne des envies de comédie, de péripéties, de

tous ces codes tellement plaisants et ludiques derrière lesquels on se cache volontiers. Mais si on est un peu honnête, on se laisse naturellement rattraper par une mélancolie qui ponctue le récit. Filmer quelqu’un qui ment crée toujours une tension. Ou une drôlerie. Ou les deux. Mais mentir à quelqu’un qu’on aime est une telle souffrance, que l’équilibre du film était précisément là.

Ça a été d’ailleurs un des aspects les plus épineux du montage : comment accepter ces moments de gravité qui jaillissaient ? Comment assumer cette sentimentalité sans être lourd ? Le film allait-il accepter les variations de sa propre tonalité ?
J’ai voulu conserver comme un repère l’idée que l’amour est peut-être la seule conviction précise qu’il nous reste dans ce monde de plus en plus contradictoire, dans lequel on est en quête incessante d’engagement. Ne plus croire qu’en l’amour. Justement aujourd’hui. D’autant plus.

A TROIS ON Y VA ET POURQUOI PAS ?

Etait-il important pour vous que les personnages de cette histoire soient jeunes ? Vouliez-vous donner au film une résonnance générationnelle ?

Je voulais qu’on sente ces trois personnages à un point de bascule, au bord d’une vie future beaucoup plus mûre, plus dure, plus concrète. L’infidélité et le mensonge, avec des personnages plus âgés, auraient pris un relief bien moins innocent. Mélodie (Anaïs Demoustier) ment tout le temps, mais elle est constamment victime de ce mensonge. Elle est submergée. Elle n’est jamais perverse, seule la situation l’est. C’est elle qui ment le plus puisqu’elle sait le mensonge des autres. En parfaite alter ego du metteur en scène, elle tire les ficelles... J’espère avant tout cette histoire aussi universelle qu’intemporelle. L’idée était en moi depuis si longtemps que je n’ai pas pensé à l’air du temps. Mais si ce film a des allures générationnelles, c’est une coïncidence qui me plait. Par exemple, l’identité sexuelle est aujourd’hui un sujet très fort, qui porte des enjeux de société importants, mais ça n’est pas du tout mon propos. Mes personnages s’aiment sans se poser d’autres questions. Sans être désignés hétéro, homo ou bi. Les étiquettes viennent souvent des autres. Mais rien que cela, sans aucun doute, représente un sujet en soi.

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